FLORETTE A PARIS...
...OU LE VOYAGE EN SOLITAIRE...
La veille, Florette ne trouve pas le sommeil. Ce n'est pas qu'elle est inquiète à l'idée de voyager seule, pas du tout, simplement, Monsieur Florette a embrayé la tronçonneuse. Florette a, durant de longues minutes, une furieuse envie de meurtre, repensant à la chanson de Linda Lemay qui renvoie son homme chez sa mère pour qu'elle le refasse mais surtout, qu'elle s'applique un peu mieux, cette fois-ci. Bref, Florette, donc, ne dort pas. Elle reprend son livre, dévore les pages les unes après les autres et décide, à l'insu de son plein gré, comme dirait un toxicomane, cycliste de son état, de poursuivre sa nuit sur le canapé du salon.
Le réveil sonne, il est 5 heures, le petit chalet s'éveille. Paris également, mais Florette n'y est pas encore. Une douche, un café, une touche de maquillage, un café, un coup de peigne, un café et pour le déjeûner, un café. Monsieur et Madame Florette quittent le petit chalet, direction aéroport. Monsieur Florette a son avion à 7 heures 30 mais Florette, elle, ne part qu'à 9 heures. Les joies d'un agenda professionnel masculin chamboulé à la dernière minute... Florette tourne en rond dans l'aéroport, elle regarde les gens, s'imagine leurs destinations, fait un tour au free shop, passe la douane et s'installe pour un... café et l'attente se poursuit...
Florette a fait le tour du monde, des voyages sur les 5 continents, elle a pris l'avion mainte fois, mais toujours accompagnée. Et là, perdue au milieu de la salle d'embarquement, elle se sent un peu seule au monde, magré la fourmilière qui grouille autour d'elle. L'avion est à l'heure, tout le monde embarque, on décolle et se pose, un peu moins d'une heure plus tard, à Roissy. Les aventures parisiennes de Florette commencent...
Il s'agit, tout d'abord, de sortir de l'aéroport, ce qui ne représente pas le plus facile des défis à relever. Florette suit les panneaux jaunes, il lui semble qu'elle parcourt des kilomètres dans les galeries de verre de l'aéroport parisien. Elle arrive parfois à accélérer le mouvement en profitant des tapis roulants, cherche désespérément l'indication TAXI, prend l'ascenseur, descends des escaliers, passe à travers des terminaux, sans fin. Son esprit vagabonde, ses pensées filent vers le film "Le Terminal", elle se voit coincée à tout jamais dans ce labyrinthe géant. Mais tout finit par arriver et enfin, les portes s'ouvrent sur une file indienne de taxis qui attendent sagement d'emporter les voyageurs. Elle monte dans le premier de la file. Le chauffeur lui parle du braquage, qui vient d'avoir lieu et qui a pour conséquence la fermeture de l'A86. Bien, bien... Florette n'a aucune idée de l'incidence de la fermeture de l'A86 sur son séjour dans la capitale. Elle s'en fera très vite une idée bien précise quelques kilomètres plus tard... Les voitures sont pare-chocs contre pare-chocs, tout est stoppé, tout est bouché, tout est arrêté, tout est bloqué. Le chauffeur est presque fier de lui balancer un: "J'vous l'avais bien dit!" qui ne plaît pas plus que ça à Florette.
Durant ce repos forcé, le chauffeur explique à Florette que sur mars, il y a de l'eau. Donc, dans quelques années, on ira en vacances sur mars, mais peut-être qu'ils vont stocker les déchets nucléaires sur mars, parce que sur Terre, y'a plus de place, pis peut-être que sur mars, il y a du pétrole et du gaz, on ne sait pas. Donc, mars sauvera la terre. Mais s'il n'y a pas de pétrole, peut-être qu'il y a autre chose. On sait pas. C'est pour ça qu'il faut aller voir. Vous comprenez madame? La circulation s'améliore mais le chauffeur continue sa litanie marsienne. Florette n'écoute plus ses délires mais lui demande si elle peut fumer. La réponse fuse: c'est pas que je ne veux pas, mais c'est interdit par la loi. Un taxi est un lieu public.... Florette se résigne puis se révolte. Elle ouvre la fenêtre et fume sa cigarette. Le chauffeur en fait autant. Elle est belle, la désobéissance civique. Florette pense que ça plairait à Warluzel, ça!
Enfin, l'hôtel, la chambre, le calme. Florette sort son laptop, histoire de passer le temps en attendant son mari. Oui mais voilà, son mari... non content de lui avoir bousillé sa nuit par ses ronflements sonores, il a également omis de recharcher la batterie du laptop. Elle est vide! Déchargée! Le témoin indique une autonomie de 5 minutes, juste le temps d'ouvrir outlook et encore... Pas de soucis, Florette a tout prévu, elle sort le câble de sa valise et... se rend compte immédiatement que les prises suisses n'ont rien à voir avec les prises françaises... Impossible de brancher l'ordinateur, impossible de travailler, impossible de suivre les discussions, après-midi fichu!
Florette réfléchit. Les mauvaises langues diront qu'elle aurait pu réfléchir avant, au moment de préparer sa valise, par exemple, puisque de toute manière, elle n'a pratiquement pas fermé l'oeil de la nuit... Mais non, c'est ainsi et elle a beau pester contre Monsieur Florette, ça ne va pas recharger son portable. C'est un adaptateur qu'il lui faut. Elle part en chasse, arpentant les rues et avenues aux alentours de l'hôtel pour y trouver son bonheur. Elle arpente tellement qu'elle finit par dénicher une FNAC flambant neuve et en sort, triomphante, son adaptateur dans la poche. Oui, mais voilà, il y a un mais... Florette a tellement tourné en rond qu'elle n'a aucune idée de l'endroit où elle se trouve et encore moins de l'itinéraire pour rejoindre son hôtel... Mais Florette a un sens de l'orientation infaillible. Elle se met en route, s'achète un cornet de glace, se balade le nez en l'air, cherchant, à travers les diverses rues traversées une bâtisse rouge synonyme de l'hôtel. Elle marche, marche encore, elle a la douloureuse impression de déjà vu devant certaines enseignes, elle ne sait plus où elle est. Dire qu'elle est impatiente de retrouver son hôtel est un euphémisme. Déjà qu'elle n'était pas enchantée de partir seule, si, en plus, elle se perd à Paris, c'est la cerise sur le gâteau.
Soudain, au détour d'une ruelle, elle aperçoit la fameuse bâtisse rouge, l'hôtel est là, devant elle, qui l'attend sagement. Florette remonte dans sa chambre, installe l'adaptateur et saute de joie, ça marche! Quel bonheur! Florette se connecte et revient dans le monde virtuel, quitté la veille, qui n'a pas changé et qui, lui, est toujours à la même place...

Commentaires
Nana site : www.mybettycherie.com | le 01/07/2008 à 14:30:18Géniale ta narration sur ta petite escapade à Paris.
J'adore !
moman le 30/06/2008 à 19:56:47
...que tu ne perds... (oups)
moman le 30/06/2008 à 19:56:10
Ah ben dis donc, petite Florette, que d'émotions !
Heureusement que tu ne pers jamais le nord !